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mercredi 13 décembre 2017
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Smart : l’avenir des emplois inquiète des sous-traitants

Cette semaine, Daimler a annoncé que l’usine de Hambach ne produira plus que des Smart électriques, que le site accueillera un centre de compétences et assemblera un modèle de la gamme Mercedes. « Et les partenaires dans tout cela ? », s’interroge la CFE-CGC.

Les trois délégués syndicaux CFE-CGC de Faurecia, SAS Automotive et magna châssis se satisfont des annonces faites par Daimler mais ils déplorent de ne pas être associés à l’information et s’inquiètent pour les 800 emplois. (Photo Thierry NICOLAS).

« Souvent, au cœur de turbulences et d’incertitudes, le parc industriel de Smartville a retrouvé un sacré bol d’oxygène. Pour la première fois en vingt ans, Dieter Zetsche a pris l’engagement de pérenniser les emplois et le site en annonçant le passage progressif d’ici 2020 à la production 100 % électrique pour le marché nord-américain et européen. En confiant une TECFABRIK destinée à occuper près de 200 salariés sur des pré-séries et des prototypes de la flotte Mercedes et en offrant à l’usine le montage d’un véhicule Mercedes (ndlr, peut-être la Classe A). Dans ce cas de figure, l’usine continuerait à fabriquer une version thermique pour le marché asiatique. Ces bonnes nouvelles ont été bien accueillies par le personnel, qui a été informé lors d’un forum, les élus et plusieurs organisations syndicales de Smart.
Quel impact pour les partenaires ?

Mais hier, le syndicat CFE-CGC est monté au créneau pour exprimer sa plus vive inquiétude quant à l’avenir des 600 emplois des six sous-traitants contribuant au montage de la fortwo. « Le grand chamboulement qui nous est annoncé ne pas va uniquement concerner Smart mais il aura un impact conséquent sur les organisations des différentes entreprises partenaires du site », interpelle Gilles Hemmerling, délégué syndical CFE-CGC Métallurgie Lorraine et de l’entreprise Faurecia. Ce qu’il déplore, c’est l’absence de toute communication directe de la part de Smart en direction des sous-traitants. « On n’a de partenaire que le nom pour le process de fabrication » peste le responsable, « mais on n’est pas associés à la concertation en amont, ni consultés, ni informés alors que sans nous, la voiture ne peut pas sortir de la chaîne. ».

20 000 ou 85 000 smart électriques ?
Ce qui préoccupe le plus le CFE-CGC, c’est l’avenir réservé aux entités satellites et aux salariés. « C’est un secret de polichinelle mais la production journalière est déjà passée de 600 à 350 véhicules/jour ». Si le volume de la fortwo thermique recule, et si Smartville doit fabriquer 20 000 versions électriques, la production annuelle de 85 000 véhicules fixée pour 2017 sera loin d’être atteinte. Pour l’heure, les syndicats ne voient pas comment le site serait en mesure d’assembler 80 000 Smart Fortwo électriques par an car la demande n’a pas encore atteint un tel niveau.

« Chez Faurecia, nous faisons tous les éléments de carrosserie avec 12 presses et travaillons en cycle continu pour l’injection, l’assemblage et la peinture. Quelles tâches allons-nous effectuer à la place ? », demande Gilles Hemmerling. « Et quand on va chercher des marchés extérieurs comme des pare-chocs Peugeot, Smart nous l’interdit. On fait comment alors ? ». Même avis chez Raphaël Lipski, délégué chez SAS Automotive (montage du tableau de bord de la fortwo). « Nous sommes le seul partenaire à être directement sur la ligne dans l’aile 1000. On subit l’organisation du travail de Smart. On n’a aucune marge de manœuvre et on doit suivre leur cadence. Comment on fait demain sans avoir de lisibilité sur les volumes à fabriquer et la manière de compenser la perte d’activité sur le modèle thermique ? Pour le premier mois d’immatriculation en août, on a enregistré 173 smart électriques alors que la Zoé c’est 1200/mois. En semaine 44, va passer à 30 % de production électrique mais on n’a pas assez de batteries pour y parvenir. En Allemagne, les commandes électriques s’allongent ».

Etre associés et intégrés
Chez Magna châssis, 514 robots tournent pour souder les différentes pièces de la fortwo. « Pour l’électrique, on va diviser le personnel par deux ? », demande Etienne Bruder, délégué CGE-CGC. « Nous aimerions être pleinement associés au futur centre technique car nous avons 70 techniciens qualifiés qui pourraient apporter leurs compétences. Où est ce que les emplois prévus ne seront réservés qu’à Smart ? ».
Concernant les bains, les trois délégués expliquent que l’infrastructure ne permet pas de faire un bain pour un autre modèle. « Comment on fera s’il faut assembler un nouveau modèle ? On change tout où on réceptionne le véhicule déjà peint ? ».
Si la CFE-CGC voit dans cette évolution une réelle opportunité pour l’avenir à long terme de Smartville, elle entend rester vigilante pour que les salariés des sous-traitants ne servent pas « de pions et de variable d’ajustement ». Affaire à suivre. »

Source : « Le Républicain Lorrain  » édition du 17 septembre 2017, article de Fabien SIEGWART.

 

 

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