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lundi 18 juin 2018
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Le décalage des syndicats

« Généralement, les syndicalistes sont aux côtés des salariés. Dans leurs combats, dans leurs revendications. Ils retroussent toujours leurs manches, comme ceux qui mouillent leur chemise sur des lignes de production. Mais cette fois, ils semblent en décalage. Quand on parle de baisse de salaire à Didier Getrey, secrétaire de la CFDT métallurgie Moselle, il botte en touche. « Dans notre syndicat, on est pour l’abrogation des heures supplémentaires défiscalisées qui doit permettre la création d’emplois et favoriser des salaires décents. » Dans un contexte économique tendu, les patrons prêts à augmenter significativement les salaires sont rares…

« Nous nous sommes battus pour les 35 h »

Même son de cloche à la CGT. « Les heures supplémentaires défavorisent l’emploi, affirme Bernadette Hilpert. Nous n’avons jamais été pour la défiscalisation. Nous nous battons pour avoir des salaires corrects. Nous avons tout fait pour avoir les 35 heures, ce n’est pas pour faire 5 ou 10 heures en plus chaque semaine, au détriment de la santé. Surtout que tous les salariés n’ont pas la possibilité d’en faire. » La représentante syndicale tape du poing sur la table. « Les heures supplémentaires sont une solution de facilité pour les patrons. Ils font ce qu’ils veulent avec les salariés, qui sont corvéables à merci. Ils les font bosser quand ils en ont besoin. »

« Ils sont foutus »

Sauf que les heures supplémentaires mettent aussi du beurre dans les épinards, surtout pour ceux qui touchent 1 100 ou 1 200 € par mois. « Ce qui n’est pas normal, appuie Bernadette Hilpert, c’est de faire des heures supplémentaires pour partir en vacances, gâter ses enfants. Les salariés bouffent leur santé au travail, par exemple dans les métiers du bâtiment. A 40 ans, ils sont foutus, invalides, cassés par le travail. Et demain, on trouvera je ne sais quelle taxe pour renflouer les caisses de la Sécurité sociale. On va quand même piquer l’argent dans la poche de ceux qui travaillent. »

Finalement, seul Gilles Hemmerling, leader de la CFE-CGC, est en colère contre cette mesure du gouvernement. « Ce sont les personnes qui travaillent qui trinquent, les personnes les plus vulnérables qui sont touchées, les classes moyennes qui se lèvent tous les matins pour bosser, affirme le président de la CFE-CGC-métallurgie Lorraine. C’est étonnant de la part d’un gouvernement qui est allé chercher des voix dans la classe ouvrière de la matraquer autant. Surtout que l’augmentation des taxes sur l’intéressement est une double peine. »

« C’est la loi »

Alors que faire ? « Quand il y a un problème dans une entreprise, nous pouvons négocier avec le patron, sur place, enchaîne Gilles Hemmerling. Mais là, c’est la loi. La classe salariale se pose des questions sur le gouvernement, étonnamment de gauche. Le fruit de leur travail est confisqué. Nos fédérations ont exprimé cet avis en haut lieu, mais les décisions ont été prises. »

source : « Le Républicain Lorrain »

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