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mercredi 14 novembre 2018
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Leach Sarralbe menacé de délocalisation

Leach International à Sarralbe pourrait fermer d’ici un an et demi. La direction américaine du
groupe Esterline envisagerait sa délocalisation au Mexique. Quelque 380 emplois seraient menacés.

Leach

«C’est une délocalisation boursière, une démarche financière pure et dure. Leur seule stratégie, c’est de faire de l’argent. » Bruno Vinckel, cadre chargé de la gestion de projets et délégué CFE-CGC de Leach International à Sarralbe, spécialisé dans la fabrication de relais et contacteurs pour l’industrie aéronautique, ne mâche pas ses mots.

Il a appris que la maison mère américaine Esterline Power Systems envisagerait, dans un délai de 18 mois, la fermeture du site de production mosellan et la réduction du centre de recherches inauguré l’automne dernier. Une décision qui menacerait les 380 emplois du site. Pour l’instant la direction reste injoignable et ne confirme pas cette information. Néanmoins il y a tout lieu de penser que le projet est bien dans les tuyaux d’Esterline, leader mondial dans ce segment d’activité de la distribution électrique dans l’aéronautique.

Directeur révoqué

La réunion du conseil d’administration, vendredi 28 mars à Sarralbe, siège de Leach International Europe, qui comprend aussi l’unité de Niort (Deux-Sèvres), a plongé les représentants du personnel dans l’inquiétude. De fait, en présence du PDG américain Mark Thek, d’Alain Durand vice-président du Corporate Esterline et de la Holding implantée à Versailles, le conseil a révoqué Pierre Alvarez, directeur général délégué, pour le remplacer par Philippe Saunders. Le partant a toutefois pu saisir l’occasion de réaffirmer son opposition au projet de fermeture du site mosellan. Interrogé ensuite par l’encadrement, de source syndicale, Alain Durand a confirmé la fermeture de cinq sites rentables en Amérique du Nord (700 personnes), dont les activités ont été transférées vers des pays à bas coût, dont le Mexique. À la question de la CFE-CGC sur le devenir de Sarralbe, le vice-président a répondu « qu’une analyse avait été faite, mais que la fermeture n’était pas envisagée dans les 18 prochains mois. » De nouvelles questions ont été posées depuis. « Sans réponse, ni démenti », affirme Bruno Vinckel, dont le syndicat se réserve le droit de recourir à la procédure du droit d’alerte, lors du prochain comité central d’entreprise programmé mercredi 9 avril.

100 M€ de chiffre d’affaires

Pour le délégué et cadre depuis treize ans dans l’entreprise, « cette décision est une hérésie ». Il rappelle que Leach International Europe (700 employés en France avec ceux de Niort) est rentable. « Nous affichons depuis cinq ans plus de 10 % de croissance annuelle, près de 14 % de profit et un retour sur investissement de 25 % », rappelle le cadre. Mieux, Leach implanté depuis 1969 dans l’Est mosellan, figure parmi les pépites des PME qui fournissent les grands donneurs d’ordre de l’aéronautique. La société intervient sur le cœur primaire du gros-porteur militaire d’Airbus l’A 400 M, sur l’hélicoptère Agura. Membre du Gifas (Groupement des industries françaises de l’aéronautique et de l’espace), mais aussi du cluster aéronautique lorrain Aériades, Leach International est un fleuron de la réussite industrielle en Lorraine, dont 80 % de l’activité est dédiée à l’export. Sans compter les 10 M€ investis bon an, mal an dans l’innovation. Avec l’avènement de ce centre de recherche-développement ouvrant la perspective d’une diversification et de nouvelles solutions électriques dans l’aéronautique mais aussi le ferroviaire. Un centre de recherche que Esterline veut fortement réduire. D’ores et déjà le maire de Sarralbe Pierre-Jean Didiot réagit et parle d’un « projet scandaleux » (lire ci-dessous).

Source : « Le Républicain Lorrain » édition du 4 avril 2014.

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La direction d’Esterline dément la fermeture de Leach International à Sarralbe. La perplexité demeure sur le site.

«La direction d’Esterline dément formellement tout projet de fermeture du site de production de sa filiale Leach International à Sarralbe en Moselle. Elle tient par ailleurs à rassurer ses clients sur le fait qu’il n’y aura pas d’interruption dans la fabrication et la livraison de ses produits. » Le communiqué de la direction américaine d’Esterline Corporation est tout ce qu’il y a de plus laconique. Il répond à l’information selon laquelle la direction du groupe Esterline envisageait de délocaliser la production de relais électriques vers des pays à bas coûts comme le Mexique ou la Chine. (Lire RL du 4 avril).

De source syndicale, une conjonction de faits a pris corps et donné du sens à cette hypothèse. Limogeage du directeur général délégué Pierre Alvarez, lequel s’était fortement opposé au projet envisagé depuis quelques mois. Une révocation entérinée lors d’un conseil d’administration le 28 mars suivi d’une présentation de la stratégie d’Esterline sur ce segment des relais électriques pour l’aéronautique devant l’encadrement de Leach à Sarralbe. Au cours de cette réunion animée par Alain Durand, numéro 2 d’Esterline, s’est glissée une diapo évoquant la fermeture de cinq sites rentables en Amérique du Nord. « À partir de là nous n’avons obtenu aucune réponse sur le devenir de Sarralbe » indique Bruno Vinckel de la CFE-CGC.

Pas tout à fait rassuré

À l’annonce de ce démenti, le délégué syndical parle d’un sentiment « de soulagement » teinté de beaucoup de prudence. « La perplexité demeure sur la stratégie du groupe. Vont-ils continuer à nous enlever la production de relais de nos ateliers pour les transférer ailleurs ? » se demande le syndicaliste. Dans ces ateliers le personnel aimerait avoir des réponses claires. « Sur les chaînes de montage, tout le monde veut voir Philippe Saunders. » Le nouveau directeur général est actuellement aux États-Unis. « Il devra venir à la rencontre des salariés et les rassurer pour rétablir la confiance à Sarralbe » estime le représentant des salariés.

En attendant, Philippe Saunders devrait rencontrer ce lundi Pierre-Jean Didiot le maire de Sarralbe, fervent défenseur de ce site sur le ban de sa commune. Le démenti d’Esterline « ne lève pas toutes les ambiguïtés » selon lui. Par ailleurs, le dossier serait suivi de près par le préfet de Région et la commissaire au redressement productif Sandrine Anstett.

Source : « Le Républicain Lorrain » édition du 5 avril 2014.

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