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mercredi 14 novembre 2018
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Smart Hambach : « On est repartis pour au moins 15 ans, et on ne peut que s’en réjouir. » Mario Mutzette DSC CFE-CGC smart


Pour Mario Mutzette (Délégué Syndical Central CFE-CGC), « on ne peut être que satisfait de ce qui nous arrive malgré le pacte de 2015 ». En 2015, le groupe aurait pu très bien délocaliser la production de la smart 2 places en Slovénie. Il ajoute : « 75 % de nos adhérents avaient dit oui à un accord avec la direction mais il n’avait pas n’a pas été accepté par la CGT et la CFDT. La direction avait donc proposé des avenants au contrat des salariés avec l’objectif de modifier les horaires de travail. » Cette flexibilité des employés a été un signe fort à destination de Daimler. « En contrepartie nous avons obtenu, en mai dernier, la production à Hambach d’un SUV électrique. » Le site devrait être agrandi, avec un nouvel atelier de peinture et de ferrage. « On est repartis pour au moins 15 ans, et on ne peut que s’en réjouir. Nous récoltons les fruits de ce sacrifice, mais la direction doit prendre conscience que depuis 2015 nous n’avons pas eu d’augmentation générale, seulement des primes. Aujourd’hui, nous sommes en pleine négociation annuelle obligatoire. La direction propose 2 % d’augmentation générale. Mais ce qui est le plus important c’est comment préparer les nouveaux projets en organisant la gestion prévisionnelle des emplois. Sur ce point, la direction est très en retard. »

 

La CFE-CGC smart Hambach se réjouit de pouvoir produire
le 1er modèle de marque MERCEDES made in France :
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Anniversaire branché pour les 20 ans de Smart

Il y a 20 ans, la première Smart sortait des chaînes de production de Smartville, à Hambach (57). La marque, qui a connu des moments difficiles, a su se relever en proposant de nouveaux modèles et en passant à l’électrique.

 

« La Smart, c’est contagieux. C’est une voiture hors du commun. » Corine et Nicolas sont venus d’Indre-et-Loire à bord de leur Crossblade, un modèle tiré à 2 000 exemplaires, devenu quasiment objet de collection. Comme eux, des milliers d’aficionados de la marque étaient rassemblés, hier, sur le site de Smartville, à Hambach, pour souffler les 20 bougies de la petite citadine. Des fans venus d’Asie, d’Italie, de Suisse, d’Espagne… pour participer à cet événement.

Li Shi Zun et Zu Yun Tong sont partis il y a trois mois de Pékin, avec leur Smart, pour rejoindre Hambach en passant par la Russie. Hier matin ils ont été accueillis comme des héros du bitume sur la scène. Tous se sont rassemblés devant la scène installée, sur le parking du site de production, avant de partir défiler dans un long cortège de quatre kilomètres à travers la campagne et les villages de Moselle-Est.

Annette Winkler, directrice depuis 2010 arrive sur scène au volant d’une Smart blanche ailée. Visiblement très enthousiaste et très à l’aise un micro à la main, elle harangue les milliers de visiteurs, les incitant même à agiter les drapeaux de leur pays d’origine. La directrice, qui sera remplacée en octobre par Katrin Adt, met en avant ceux qui « ont eu le courage de croire à ce projet », mais surtout qui ont tenu le cap malgré des moments économiques difficiles.

 

Le pari de l’électrique :

Vingt ans après, qu’en est-il ? 20 millions d’unités ont été produites, à travers trois générations de véhicules. La marque est présente dans quarante-six pays. Pour autant, la France reste loin derrière l’Allemagne et l’Italie en matière de ventes (lire par ailleurs). Il suffisait de parcourir les allées, hier, pour comprendre l’émotion suscitée à travers le monde par cette voiture de poche.

Samuel, conducteur de train est venu de Suisse italienne. Il est tombé amoureux de la Smart en 1999. « Ce qui m’a plu, c’est son côté pratique et son rapport aux nouvelles technologies. Par contre je ne passerai pas à l’électrique car pour moi elle n’a pas assez d’autonomie étant donné que c’est ma seule voiture. »

Philippe, venu de Chinon : « Je la prends tous les jours pour aller travailler, cela ne sert à rien d’avoir plus grand au quotidien. »

Beaucoup d’amateurs se montrent sceptiques à l’égard de la version électrique. Pourtant, comme il y a 20 ans, la marque a décidé d’être pionnière : à partir du printemps 2019, la production passera au tout électrique. L’histoire dira, si la voiture restera toujours aussi branchée.

 

Annette Winkler Directrice de Smart :

Directrice générale depuis 2010, Annette Winkler, 58 ans, quittera Smart le 30 septembre. Le groupe automobile allemand a donné récemment le nom de son successeur : Katrin Adt, 46 ans, dans l’entreprise depuis 1999 et qui a occupé différentes fonctions dirigeantes jusqu’en 2013.

20 ans, c’est un bel anniversaire. Beaucoup ne vous voyaient pas souffler autant de bougies !

C’est vrai, le destin de Smart a été d’arriver trop tôt, et cela a été tellement difficile. Aujourd’hui, nous sommes dans un bel esprit positif. C’est pour cela, d’ailleurs, que le 18 mai, Dieter Zetsche, PDG de Daimler et de Mercedes Cars, a annoncé au président Macron la fabrication d’une Mercedes, un SUV tout électrique à Hambach pour 2020. Le montant de cet investissement est de 500 M€. Depuis l’implantation de Smart à Hambach, le monde de la mobilité a changé, il est comme nos fondateurs l’avaient prévu. Il y a trois ans le créateur de Smart savait déjà qu’on viendrait au tout électrique.

Comment vous situez-vous sur le marché de la voiture électrique ? Des fans de la marque croisés à Hambach en ce jour d’anniversaire reprochent son manque d’autonomie.

Pour l’instant c’est un vrai succès. Sur le marché allemand, nous sommes premiers. La demande est tellement importante que beaucoup de clients attendent leur voiture. En France, avec l’aide de l’État, il faut compter environ 15 000 € pour acheter une Smart électrique. Le problème de l’autonomie est un faux débat, puisqu’elle dispose de 160 kilomètres. C’est peu et c’est beaucoup. Pour une citadine, c’est largement suffisant. On pourrait augmenter l’autonomie, mais cela veut dire des batteries plus performantes et donc plus chères avec des répercussions sur le prix.

Aujourd’hui on voit flotter sur les Smart les étendards des fan-clubs venus du monde entier. Comment se fait-il qu’en France la marque ne perce pas ?

C’est vrai, et c’est une question que je vais poser dès demain au directeur des ventes pour la France. En 2017, nous avons vendu 10 000 voitures dans l’Hexagone. Au niveau mondial, l’Allemagne est en tête des ventes devant l’Italie et la Chine. La France est sixième.

 

Sources : « Le Républicain Lorrain », édition du 01/07/2018 : https://c.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarreguemines-bitche/2018/07/01/anniversaire-branche-pour-les-20-ans-de-smart#0_3

https://c.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarreguemines-bitche/2018/07/01/on-nous-a-enterres-trop-vite

 

 

 

 

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