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mercredi 12 décembre 2018
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La CFE-CGC smart Hambach se réjouit de pouvoir produire le 1er modèle de marque MERCEDES made in France

L’usine Smart d’Hambach en Moselle fabriquera bientôt la première Mercedes électrique et française. Le constructeur allemand envisage d’investir 500 millions d’euros sur le site. Réaction sur place recueillies par Christophe Gomond et Sébastien Rock.


Mario Mutzette, délégué syndical CFE-CGC

 

Communiqué_de_presse_CFE-CGC_smart-Hambach-Mercedes-22-05-2018

 

Articles de Presse :

Le Républicain Lorrain

France 3 Regions

Le Parisien

Les Echos

L’Usine Nouvelle

 

Le pacte 2020 (rappel) :

Les salariés de l’usine Smart d’Hambach, en Moselle, sont amenés à se prononcer vendredi sur la proposition de la direction d’augmenter leur temps de travail. Celui-ci augmenterait progressivement mais les salaires ne seraient pas proportionnels, ce qui divise les salariés. « Aujourd’hui le chômage est en flèche, donc la priorité c’est le maintien de l’emploi et la pérennité du site », a estimé Mario Mutzette, délégué central CE-CGC.

Après une journée de vote, la direction vient d’annoncer les résultats du scrutin. Les salariés de l’usine Smart France en Moselle accepte l’augmentation du temps de travail. 56,1% des salariés de Smart France se sont prononcés vendredi en faveur d’un retour provisoire aux 39 heures en échange d’une garantie de l’emploi jusqu’en 2020. Le oui, majoritaire à 74% chez les 385 cadres consultés, n’a rassemblé que 39% des suffrages chez les 367 ouvriers votants, lors de ce référendum à caractère purement consultatif, ont précisé les syndicats.

Article publié par le journal « La Semaine » le 21 octobre 2016 :

Par Arnaud STOERKLER • Journaliste de La Semaine • 21/10/2016 à 17h45

Le constructeur automobile Smart, implanté à Hambach près de Sarreguemines, a décidé de faire repasser ses salariés à 39 heures de travail hebdomadaire. Une décision prise pour renforcer sa compétitivité, qui a mis du temps à être acceptée et doit désormais faire ses preuves en termes de résultat.

Comment Smart a-t-elle pu déroger aux 35 heures ?

Depuis le 1er janvier 2002 et l’instauration d’une réforme votée par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin, la durée légale du temps de travail salarié à plein temps en France est passée de 39 à 35 heures hebdomadaires. Rien n’empêche pour autant un employeur de demander à ses salariés de travailler plus longtemps que cette limite temporelle, dans le cadre d’heures supplémentaires.
Pour repasser à une densité horaire de 39 heures, payées 37, la direction de l’usine Smart de Hambach a proposé à chacun de ses salariés un avenant à son contrat de travail, en fin d’année dernière : ce procédé permet tout à fait légalement de modifier ledit contrat, en surface ou en profondeur.
En cas de simple modification des conditions de travail (déménagement dans le même secteur géographique, changement d’équipe ou d’horaire), le salarié est tenu de signer l’avenant sous peine de pouvoir être « licencié pour faute », d’après l’Inspection du travail. Si, au contraire, cet avenant change des clauses importantes du contrat de travail (augmentation du nombre d’heures travaillées, mode de rémunération), comme c’est le cas à Smart France, « le travailleur est libre d’accepter ou de refuser la proposition » de son employeur.

Que contient précisément le ‘‘pacte 2020’’ ?

La mesure phare du ‘‘pacte 2020’’ est le passage des salariés de Smart à 39 heures de travail hebdomadaires, sensé permettre le maintien de tous les emplois de l’usine jusqu’à cette date. « Ce pacte a été lancé dès le début de l’année 2016, progressivement. Nos salariés sont passés de 35 à 37 heures travaillées au mois de janvier, puis à 39 heures le 3 octobre », signale Jean-Yves Schmitt, porte-parole de Smart. « L’accord prévoit ensuite un retour  aux 37 heures le 1er octobre 2019, puis aux 35 heures le 1er octobre 2020. »
Face visible de l’iceberg, ce changement de durée hebdomadaire du travail n’est qu’une mesure parmi d’autres du pacte : « Ce dernier constitue une sorte de ‘‘package’’ composé de différentes modalités. Les cadres, par exemple, ont renoncé à certains jours de RTT (réduction du temps de travail, ndlr). Tous les salariés bénéficient d’une prime exceptionnelle de 1 000 euros, versée en deux fois, et d’une augmentation de salaire de 120 euros bruts par mois », détaille Jean-Yves Schmitt. Cette revalorisation salariale est pérenne : « Elle continuera même après 2020 » et le retour prévu aux 35 heures, poursuit Jean-Yves Schmitt. « Travailler 39 heures, c’est un effort supplémentaire de 12% qui est demandé à nos salariés. Mais l’effort sur la rémunération n’est que de 6%, puisqu’ils sont aujourd’hui payés 37 heures. »

Pourquoi l’accord a-t-il été refusé, puis accepté ?

Le ‘‘pacte 2020’’ avait été proposé aux 800 travailleurs de l’usine Smart France de Hambach, d’abord sous la forme d’un référendum collectif. Il a été approuvé par 56% des salariés, avec de fortes disparités selon leur place dans l’entreprise : le ’‘oui’’ l’a emporté à 74% parmi les cadres, employés, techniciens ou agents de maîtrise, et à 39% parmi les ouvriers. « Concernant les syndicats, il a été signé par la CFE-CGC et la CFTC, mais dénoncé par la CGT et la CFDT, qui sont majoritaires au sein de l’usine », rembobine Mario Mutzette, de la CFE-CGC. D’où, finalement, le rejet de l’accord.
Dans l’impasse, la direction a renouvelé sa proposition d’une autre manière : « Comme plus de 50% des employés avaient voté en faveur de ce pacte, elle a décidé de leur proposer une nouvelle fois, sous la forme d’un avenant à leur contrat de travail, en les recevant individuellement », rappelle le syndicaliste. « Le taux d’approbation est passé à 97% parmi les salariés. Non pas à cause de pressions, mais parce que, qu’on le veuille ou non, la situation est très différente entre voter dans un isoloir et se retrouver dans un bureau face à son chef », estime-t-il.

Qui est réellement concerné aujourd’hui ?

Tous les salariés de l’usine Smart France n’ont pas accepté le ‘‘pacte 2020’’ : « Chacun était libre de le signer, 97% de nos employés l’ont fait », constate Jean-Yves Schmitt. « Les 3% qui n’y ont pas adhéré, eux, restent donc aux 35 heures et ne bénéficient pas des autres dispositions qu’il impliquait, mise à part celle de la garantie du maintien des emplois jusqu’en 2020. »
Au-delà de Smart, la mesure prise au sein de l’usine pourrait impacter les sous-traitants de la marque automobile, qui ont la particularité d’être implantés à ses côtés au sein d’un agglomérat baptisé ‘‘Smartville’’ à Hambach : « On parle toujours des salariés de Smart France, mais la situation des 800 à 900 autres travailleurs employés chez ses sous-traitants a aussi évolué : leur masse de travail est directement liée à l’activité de Smart, mais ils n’ont pas bénéficié des contreparties du pacte 2020 », affirme Mario Mutzette.

Pourquoi une telle décision ?

La grande promesse du ‘‘pacte 2020’’, c’est de garantir le maintien de tous les emplois de l’usine est-mosellane Smart au moins jusqu’à cette échéance. La menace d’une délocalisation aurait plané sur la tête des employés en cas de refus… même si l’entreprise semble être en bonne santé : « La survie financière de notre usine n’est pas en jeu. L’objectif principal de ce dispositif est d’améliorer sa compétitivité », explique Jean-Yves Schmitt. En clair, « réduire le coût horaire du travail, plus cher en France qu’ailleurs ».
Avantageuse économiquement, l’idée de faire baisser le coût du travail pose question d’un point de vue social : ce ‘‘coût du travail’’, terme non neutre pour définir la somme dépensée par un employeur en échange de la main-d’œuvre d’un salarié, est aussi bien une contrainte financière qu’un dispositif de protection en faveur de l’ensemble des travailleurs. Les cotisations sociales (assurance-maladie, accidents du travail, maternité, assurance-chômage…), souvent décriées pour leur poids sur le coût de la main-d’œuvre, garantissent le système solidaire de protection sociale français.

Revenir aux 39 heures, ça marche ?

Smart n’est pas la première entreprise installée en France à remettre en cause le principe des 35 heures. Avant elle, Bosch à Vénissieux ou Continental à Sarreguemines ont tenté l’expérience, avec des résultats nuancés : la première avait décidé en 2004 de passer de 35 à 36 heures de travail hebdomadaire sans compensation de salaire, pour éviter la délocalisation. La mesure, suivie plus tard d’un changement d’activité, n’a finalement pas permis la survie de l’entreprise.
Chez Continental, où les salariés sont repassés à 40 heures de travail hebdomadaire durant cinq ans en 2007, la tentative a permis à l’usine de « se développer » d’après Daniel Bordonné, de la CGT : « Sans cette augmentation horaire, payée chaque mois en plus d’une prime, nous aurions sans doute fermé. »
De son côté, Mario Mutzette reste dubitatif : « Faire travailler davantage les salariés de Smart a déjà permis à l’entreprise de se séparer de nombreux intérimaires, d’où des économies. Mais un dispositif comme le retour aux 39 heures peut uniquement fonctionner s’il y a des marchés. Et depuis septembre, notre production a baissé », soutient le syndicaliste. « L’important, d’après moi, n’est donc pas tant de réévaluer la charge de travail des salariés que de vendre des voitures. »
Selon Smart, une moyenne de 100 000 véhicules sort chaque année de son usine est-mosellane.

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